Qu’est-ce que le strabisme ?

Une définition médicale du strabisme par le docteur Dr Thomas Balmitgère, spécialiste en ophtalmologie

Le strabisme se caractérise par un défaut d’alignement et de coordination des yeux. Concrètement, ceux-ci “pointent” dans des directions différentes, l’axe de vision n’étant donc pas aligné : l’un des yeux est “dévié” vers l’intérieur, l’extérieur, le haut ou le bas, tandis que l’autre oeil regarde devant lui. Dans le cas d’une vision normale, les deux yeux fixent une même cible en même temps.

Il s’agit d’une pathologie relativement fréquente dans la population générale puisqu’elle concerne 1 à 2,6% des personnes vivant en France et toutes les tranches d’âge. Le strabisme peut ainsi toucher une personne dès la naissance ou se manifester plus tard, lors de l’enfance ou à l’âge adulte.

Il existe différentes causes au strabisme chez l’enfant et chez l’adulte et différentes formes de strabismes.

  • Quand l’oeil strabique est tourné vers l’intérieur, on parle de strabisme convergent.
  • Quand l’oeil strabique est tourné vers l’extérieur, on parle de strabisme divergent.
  • Quand l’oeil est tourné vers le haut ou vers les bas, on parle de strabisme vertical.

De même, les conséquences du strabisme sont variables. S’il apparaît dans la petite enfance, il peut entraîner une amblyopie d’un oeil (parfois appelée “syndrome de l’oeil paresseux”), qui est un défaut de développement de la vision de l’oeil, lequel se retrouve le plus souvent dévié. S’il apparaît plus tardivement, le strabisme peut entraîner une vision double (appelée diplopie).

Notez-le :

  • L’amblyopie correspond à un défaut de développement de la vision d’un des yeux et, à terme, une mauvaise vision des reliefs. ce défaut de développement visuel touche environ 2% des enfants.
  • La diplopie correspond à la perception visuelle double d’un objet unique.

Dans tous les cas, et dès l’apparition des premiers symptômes, il est impératif de consulter au plus vite un orthoptiste ou un ophtalmologiste. Le strabisme peut être traité et éventuellement opéré le cas échéant. Les spécialistes du centre d’ophtalmologie de la Colline à Lyon vous reçoivent pour traiter cette pathologie.

Dans la suite de ce dossier, découvrez plus en détails quelles sont les formes du strabisme et quelles solutions de traitement et de chirurgie existent chez l’enfant et l’adulte.

Précisions sur le strabisme convergent ou “oeil qui louche”

Comme précisé plus haut, le strabisme convergent correspond à un oeil qui « louche »  vers l’intérieur. C’est la forme de strabisme la plus fréquente chez l’enfant. Il peut apparaître soit à la naissance – on parle alors de strabisme précoce ou d’ésotropie infantile – ou vers l’âge de 2-3 ans, et correspond souvent dans ce cas à un strabisme accommodatif (strabisme secondaire à un défaut visuel comme l’hypermétropie). Ce type de strabisme n’entraîne pas de diplopie mais il peut générer une amblyopie.

Le strabisme convergent peut également apparaître à l’âge adulte : dans ce cas, il est souvent lié à la paralysie d’un muscle oculomoteur (le muscle droit externe de l’oeil). Cette situation nécessite de réaliser un bilan d’exploration pour en connaître la cause précise et suggérer une intervention adaptée.

Le strabisme divergent ou exotropie : l’oeil qui “part vers l’extérieur”

Le strabisme divergent correspond à l’oeil qui part vers l’extérieur. Il est moins fréquent que le précédent mais plus fréquent que le strabisme vertical. Il peut générer une amblyopie chez l’enfant et peut nécessiter la réalisation d’un bilan pour en connaître la cause. Chez l’adulte, il est souvent en rapport avec une paralysie d’un muscle oculo-oculomoteur (muscle droit interne) et nécessite également de réaliser un bilan d’exploration.

Traitement du strabisme chez l’enfant et l’adulte : rééducation et chirurgie

Il existe plusieurs solutions pour traiter le strabisme : dans un premier temps, chez les enfants, la rééducation de l’amblypie doit être effectuée. Dans certains cas spécifique, on pourra procéder à une opération. Chez l’enfant, la chirurgie ne sera pas envisagée avant 4-5 ans.

La correction optique du strabisme

Chez l’enfant, la rééducation en cas d’amblyopie

Chez l’enfant, il est nécessaire dans un premier temps de rechercher une éventuelle anomalie de la vision (amblyopie) et de connaître la puissance de l’oeil (myopie, hypermétropie..). Pour cela, le spécialiste réalisera un examen à l’aide de collyres relâchant le muscle permettant l’accomodation (« l’autofocus » de l’oeil) : il peut s’agir d’atropine ou de skiacol.

L’ophtalmologiste procédera par ailleurs à un examen complet de l’oeil pour rechercher une anomalie. Une correction optique par des lunettes sera prescrite, qui permettra souvent de corriger au moins partiellement le strabisme.

Par ailleurs, un traitement par « cache » sur un oeil – appelé occlusion – pourra s’avérer nécessaire en cas de détection d’une amblyopie : le principe consiste tout simplement à appliquer un cache sur l’oeil le plus fort pour obliger le plus faible à travailler.

Dans certains cas de strabismes divergents intermittents, une rééducation orthoptique pourra être prescrite : ce sera notamment le cas si le patient doit produire un effort pour réaxer ses yeux dans la même direction.

Détection et traitement du strabisme chez l’adulte

Chez l’adulte, une anomalie neurologique, orbitaire, ou bien une pathologie générale peut être à l’origine du strabisme. Le praticien commencera par un examen permettant de détecter la cause afin de proposer un traitement ou une prise en charge. En cas de vision double (diplopie), un prisme permettant de compenser la déviation pourra être prescrit pour améliorer la diplopie.

Chirurgie du strabisme : une opération envisagée quand la correction ne suffit pas

Chez l’enfant, quand la correction optique ne corrige pas complètement le strabisme, une opération pourra être proposée. De même, chez l’adulte, en l’absence de récupération spontanée de la diplopie, une chirurgie sera préconisée.

Dans tous les cas, les opérations permettant de corriger le strabisme sont effectuées en agissant sur les muscles oculomoteurs (il s’agit soit de les renforcer, soit de les affaiblir afin de recentrer les yeux). Ces interventions sont réalisées sous anesthésie générale, en service ambulatoire. Elles durent entre 30 et 45 minutes. Elles ne laissent pas de cicatrices sur la peau (le chirurgien passe directement par la conjonctive). L’intervention nécessite souvent un arrêt de travail de 7 jours et une interruption des activités sportives durant 3 à 4 semaines.

Un traitement anti-inflammatoire et cicatrisant est prescrit en post-opératoire, généralement pour une durée d’un mois. Le résultat définitif est obtenu en un à trois mois. Parfois une deuxième intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire pour obtenir le résultat escompté.